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by Charlotte - no comments
Couples acteur/actrice

La grande gardienne de la morale et des traditions, c’est évidemment Hollywood. Celle qui n’existe plus. Mais la chienne a joué des tours et a brisé bien des vies trop fragiles pour elle. De Frances Far-mer à Marilyn en passant par Ingrid Bergman, Natalie Wood et tant d’autres… Mais au catalogue hollywoodien figurent aussi quelques idéales figures… Idéales un temps car elles finissent toujours par défrayer la chronique tout en alimentant celle de Louella Parsons ! En tous cas, Bogart/Bacall, ça c’est du mythe en béton. Du mythe hollywoodien par excellence et du mythe pour toujours puisque c’est la mort qui les a séparés. Bogart disparu, d’aucuns se plaisaient à direque la carrière de Lauren Bacall était comme foudroyée. C’est vrai qu’ils formaient le couple idéal à la ville comme à l’écran. Vrai ou pas, les plus grands chefs-d’œuvre noir et blanc leur ressemblent : «Le grand sommeil» et «Le port de l’angoisse» d’Howard Hawks, «Key Largo» de John Huston, «Les passagers de la nuit» de DelmerDaves… Spencer Tracy et Katharine Hepburn, eux aussi, incarnaient le couple idéal à l’écran. Mais la vie en avait décidé autrement et surtout Spencer Tracy qui, par conviction religieuse ou sens du devoir, ne voulut jamais divorcer pour épouser Hepburn. Leur histoire d’amour reste néanmoins l’une des plus belles qu’Hollywood ait connue. Pas étonnant que ces deux là aient su faire passer leur harmonie sur l’écran. On les retrouve dans «Une femme de tête», «Le maître de la prairie», des comédies surtout, et «Devine qui vient dîner ?» Même en incarnant un couple vieillissant, leur complicité était saisissante. Quant au soap-opera Burton/Taylor, est-il besoin de s’appesantir ? Liz succomba au charme de Richard, alias Antoine, le jour où il se l’enroula dans un tapis pour les besoins de Cléopâtre» de Mankiewicz. C’était en 1962. Au fil des mariages et divorces, cette histoire d’amour étroitement liée au cinéma donna «Qui a peur de Virginia Woolf ?» de Mike Nichols. «La mégère apprivoisée» de Franco Zeffirelli, «Boom de Joseph Losey, «Le chevalier des sables» de Vincente Minnelli. «Docteur Faustus». «Hôtel International»«… et puis de dantesques engueulades publiques et privées des cures de désintoxication. des diamants gros comme le Ritz et j’en passe ! A côté de ces couples en béton, la récente tentative de renouer avec la comédie-duo à la «Tracy/Hepburn», avec «L’affaire Chelsea Deardon» paraît légère, même si elle réunit Debra Winger et Robert Redford. Manque la magie, juste la magie. Le couple bientôt «ex» Sean Penn/Madonna ne s’en tire pas mieux. La grande scène du 2, ils l’ont tellement jouée «off record» que rien de bien consistant nepasse dans leur «Surprise de Shanghai». Reste un tandem, un vrai celui-là, mais qui n’a pas encore passé la barre fatidique des trois films. Il s’agit bien sûr de Michael Douglas et Kathleen Turner. Il y a eu «A la poursuite du diamant vert», «Le diamant du Nil» et s’il doit y en avoir un troisième, cela ne peut être qu’avec Jack et Joan ! Ici, la preuve est donnée que le tandem a fait le succès. A l’instar d’Indiana Jones qui, lui, n’a peut-être pas fait une affaire en changeant de partenaire : la première était divine, la deuxième juste tiède ! A propos de «A la poursuite du diamant vert», Michael Douglas expliquait : «Lorsque nous avons tourné «Le diamant vert», nous ne pensions pas lui donner une suite. Mais le film a suscité chez les spectateurs des réactions que l’on rencontre rarement sur un film d’action et d’aventure. Beaucoup de gens se sont attachés au couple que je formais avec Kathleen Turner et voulaient savoir quel genre de vie Jack et Joan menaient ensemble. J’ai commencé à y réfléchir et le studio a emboîté le pas face au succès croissant du film.» On peut aussi penser que ce sont les dollars qui ont surtout motivé l’opération. Mais si Michael Douglas dit que c’est la romance de Jack et Joan, il n’y a pas de raison d’en douter ! Car quand un duo marche, ça peut rapporter très, très gros, mais c’est aussi très délicat à manipuler. Regardez les protagonistes des soap-operas, des «Dallas» et autre «Dynastie»… Les acteurs font monter les enchères sur leur nécessaire, inégalable et indispensable présence à l’écran ! Pour «Le diamant vert», Kathleen Turner, elle, s’était refusé à tourner une suite. La Fox lui avait alors intenté un procès, réclamant 25 millions de dollars pour rupture de contrat… Elle céda et Michael Douglas est un menteur ! Et pourtant, on comprend Kathleen Turner, dont la carrière avait pris une autre vitesse et qui avait mieux à faire que de jouer les greluches professionnelles devant les yeux certes beaux mais ahuris de Jack alias Michael Douglas. Manipuler les tandems à l’écran relève aussi de la haute voltige et c’est une entreprise financière difficile. Une bonne raison pour fonctionner «en famille». Alors pour en revenir à la situation actuelle sur nos affiches françaises, c’est bien de jouer l’amitié toujours, le tandem des copains, ceux qui ne se lâcheront jamais la main, et qui font la joie des producteurs, des distributeurs, du box-office et des familles. On peut seulement se demander, à quand «Les ripouses», «Les fugitives»… Bon d’accord, «Les commères» on peut s’en passer, mais quand même ! Ça manque un peu de femmes tout ça ! Même si on eut naguère droit à un western parodique de Louis Malle «Viva Maria» (1965) avec le tandem Brigitte Bardot/Jeanne Moreau, ou encore «Les pétroleuses» de Christian-Jaque (1971) avec la même Brigitte Bardot et Claudia Cardinale. Les femmes on les veut bien dans les couples… et encore, on tente de les remplacer par des porte-clés (voir «I love you» de Ferreri). C’est peut-être pas rentable. Après tout cela s’explique peut-être par le biais de la tradition. Le couple, le cinéma l’a toujours défendu au fil du temps. Si, aujourd’hui, le cinéma français donne dans le tandem «men only» c’estson problème. Un problème de société. Nobody’sperfect !

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